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L'ESSOR DES FONDS EVERGREEN : RISQUE OU OPPORTUNITÉ ?

SOMMAIRE

Les fonds evergreen ou perpétuels connaissent un succès croissant auprès des investisseurs particuliers. Cette nouvelle génération de véhicules d’investissement en actifs non cotés se distingue des fonds traditionnels par sa durée illimitée et son accessibilité renforcée.

Face à l’engouement suscité par ces solutions, il convient de bien comprendre leurs caractéristiques, leurs avantages mais aussi leurs limites avant de s’engager.

Qu'est-ce qu'un fonds evergreen ?

Un fonds evergreen est un véhicule d’investissement en actifs privés (private equity, dette privée, infrastructures, immobilier) structuré sans date de fin prédéterminée.

Contrairement aux fonds fermés traditionnels qui ont une durée de vie limitée de 10 à 12 ans, les fonds evergreen sont constitués pour une durée de 99 ans renouvelable, d’où leur qualification de “perpétuels”.

Ces fonds sont en permanence ouverts aux souscriptions et proposent des fenêtres de liquidité périodiques (généralement mensuelles ou trimestrielles), permettant aux investisseurs d’entrer et de sortir selon un calendrier prédéfini et des conditions strictement encadrées.

Pour faire face à ces rachats une partie du portefeuille est investi dans des actifs liquides.

En France, ils sont principalement commercialisés sous forme de FCPR ou de SLP et sont désormais largement disponibles en assurance-vie, PER ou épargne salariale. Ils peuvent également être détenu en direct (nominatif pur ou compte titres). 

Un modèle en pleine expansion

L’engouement pour les fonds evergreen s’est considérablement accéléré depuis 2018. Des acteurs majeurs du private equity comme Eurazeo, Ardian, Apax en France ou Blackstone, Hamilton Lane, Partners Group à l’international ont tous développé au moins un fonds evergreen dans leur gamme.

Selon une étude France Invest, en assurance vie, qui concentre l’essentiel de la collecte, les fonds evergreen représentent plus de 70% des encours.

Cette croissance spectaculaire s’explique par la volonté des gérants de faciliter l’accès aux actifs privés et de répondre aux contraintes des investisseurs non institutionnels. L’arrivée de la règlementation Eltif 2.0 facilite la création et la commercialisation de ce type de fonds. 

Fonctionnement des fonds evergreen

Structure et gestion du capital

Le fonds evergreen fonctionne de manière très différente des fonds fermés traditionnels :

Mise au travail immédiate du capital : Contrairement aux fonds fermés qui procèdent par appels de capitaux progressifs sur 3 à 5 ans, le capital investi dans un fonds evergreen est déployé immédiatement. En revanche si le fonds evergreen commence à être commercialisé sa composition ne reflète pas nécessairement l’allocation cible et celle attendue. L’investisseur n’a pas à gérer de liquidités en attente d’appels futurs.

Absence de courbe en J : Les fonds traditionnels présentent souvent une performance négative durant leurs premières années (courbe en J) due aux frais initiaux et au temps nécessaire pour déployer le capital. Les fonds evergreen, déjà investis, permettent généralement d’éviter cet effet.

Valorisation régulière : Le fonds publie mensuellement ou trimestriellement sa valeur liquidative (VL) ou NAV (Net Asset Value), facilitant le suivi de la performance avec moins de décalage qu’un fonds fermé.

Gestion de la liquidité : Les gérants maintiennent généralement 10% à 20% du portefeuille en instruments liquides (monétaires, obligataires court terme) pour faire face aux demandes de rachat, les 80% à 90% restants étant investis dans les actifs privés ciblés.

Fenêtres de liquidité encadrées

Si les fonds evergreen offrent une liquidité périodique, celle-ci reste strictement encadrée :

  • Plafonds de rachat : Généralement limités à 5% de l’encours du fonds par trimestre soit 20% maximum / an
  • Périodes de blocage (Lock-up) : Entre 1 et 5 ans selon les fonds, parfois assorties de pénalités en cas de sortie anticipée
  • Mécanisme de gate : En période de forte demande ou de tensions de marché, le gérant peut suspendre ou limiter les rachats pour protéger les intérêts des porteurs de parts restants

Cette liquidité ne doit donc pas absolument pas être assimilée à celle d’un fonds en actions ou en obligations cotées. Le fonds reste investi sur des actifs non cotés et donc non liquides. C’est l’enveloppe de détention des sous jacents qui se donne un objectif de liquidité. Il s’agit d’une option appréciable comparée à l’illiquidité totale d’un fonds fermé mais en aucun une garantie

Les avantages des fonds evergreen

Accessibilité renforcée

Ticket d’entrée réduit : Certains fonds evergreen sont accessibles dès 1 000 € en assurance-vie ou 10 000€ en direct, contre généralement 100 000 € minimum pour un fonds fermé en direct et parfois plusieurs millions pour les fonds institutionnels.

Simplicité de souscription : L’investisseur peut souscrire à tout moment, sans attendre l’ouverture d’une période de levée de fonds qui peut ne durer que quelques mois dans le cas d’un fonds fermé.

Éligibilité aux enveloppes fiscales : De plus en plus de fonds evergreen sont éligibles à l’assurance-vie ou au PER et désormais à l’épargne salariale, permettant d’optimiser la fiscalité de l’investissement.

Exposition immédiate et diversifiée

Portefeuille constitué : En investissant dans un fonds evergreen déjà déployé, l’investisseur bénéficie d’une visibilité immédiate sur les actifs en portefeuille, contrairement à un fonds fermé en levée dont les investissements seront réalisés ultérieurement. Par ailleurs il supportera les frais de gestion sur un capital déployé alors que pour le fonds fermé ils sont les frais basés sur le capital engagé durant la période d’investissement que le capital soit réellement déployé ou non.

Diversification accrue : Les fonds evergreen détiennent généralement un nombre de participations supérieur aux fonds fermés. Là où un fonds fermé primaire peut détenir 10 à 15 sociétés, un fonds evergreen en comptabilise souvent 20 à 30, voire plusieurs centaines pour les stratégies multi-approches combinant primaire, secondaire et co-investissement.

Mix de millésimes : Le portefeuille combine des investissements réalisés à différentes périodes, réduisant le risque de concentration sur un seul millésime qui peut être défavorable.

Exposition immédiate : Le graphique ci-dessous illustre très bien la difficulté d’obtenir une exposition donnée de 100 pour un investisseur au travers de fonds avec appels progressifs. Les 1ères années il sera sous investi en comparaison de sa cible compte tenu des appels progressifs. Les années suivantes il devra s’engager dans de nouveaux fonds pour anticiper les distributions qui feront baisser son exposition. Par ailleurs les flux d’appels et les distributions ne sont pas linéaires et peuvent être décalés rendant le suivi de trésorerie plus complexe.

C’est le véritable point fort du fonds Evergreen, permettre à l’investisseur de calibrer son exposition de façon assez précise comme il pourrait le faire avec les actions cotées ou encore les obligations. Il décaisse 100 et se retrouve exposé à 100 de façon quasi immédiate. Il est possible de légèrement se surexposer pour être au plus juste et intégrer les liquidités à l’intérieur.

Pitchbook Drawdown fund vs Evergreen
Pitchbook – Drawdown fund vs Evergreen

Gestion simplifiée

Pas de gestion d’appels de fonds : L’investisseur n’a pas à anticiper les appels de capitaux futurs ni à gérer des liquidités en attente, simplifiant considérablement le suivi de son allocation.

Mesure de la performance claire : La performance s’exprime en rendement net annualisé, indicateur plus accessible que le TRI (Taux de Rendement Interne) utilisé pour les fonds fermés qui intègre les effets de calendrier et les flux de trésorerie.

Reporting régulier : Des reportings mensuels ou trimestriels permettent un suivi de l’évolution du portefeuille.

Réinvestissement continu

Les distributions reçues lors de cessions de participations sont automatiquement réinvesties dans de nouvelles opportunités, favorisant la capitalisation à long terme sans nécessiter d’action de l’investisseur.

Cette caractéristique permet de maintenir une exposition stable aux actifs privés dans la durée, contrairement aux fonds fermés qui distribuent les produits de cessions et obligent l’investisseur à rechercher de nouveaux véhicules pour réinvestir.

Les limites et contraintes des fonds evergreen

Liquidité relative et risques associés

Liquidité non garantie : Même si des fenêtres de rachat sont prévues, la liquidité n’est jamais garantie. En cas de tensions, le gérant peut activer le mécanisme de gate et suspendre temporairement les rachats afin de pouvoir céder des actifs dans de meilleurs conditions et reconstituer sa poche de liquidités. Dans une situation de stress de marché cette situation peut perdurer.

File d’attente : Avec un plafond de rachat trimestriel limité (5% / trimestre), si de nombreux investisseurs souhaitent sortir simultanément, des délais importants peuvent survenir avant d’obtenir le remboursement complet.

Cela s’est produit déjà produit sur des fonds immobiliers censés fournir une liquidité et cette situation s’est reproduite en 2026 avec les fonds de dette privée. 

Indépendamment des performances, des inquiétudes sur les sous jacents peuvent inciter un nombre important d’investisseurs à demander le retrait de leur part. Si ces demandes excèdent le montant alloué de 5%, la société exercera le mécanisme de gate et pourra limiter les rachats. Les investisseurs n’appréciant pas l’activation de type de mécanisme conçu initialement pour les protéger cela les incite à vouloir retirer leur argent ce qui a pour conséquence d’accroitre les problèmes de liquidité du fonds. 

Période de blocage initiale : La plupart des fonds imposent une période minimale de détention de 1 à 5 ans, parfois avec des pénalités en cas de sortie anticipée. Il s’agit d’une mesure de protection des investisseurs permettant à la société de constituer un portefeuille diversifié et qui commence à être mature lors de la fin de la période. Cela permet à la société de le faire sans avoir à gérer un passif incertain si les investisseurs souhaitaient se retirer durant cette période.

Fonds semi-liquide : une appellation trompeuse 

Cette caractéristique d’une partie des fonds evergreen ne devrait probablement pas être retenue et plus particulièrement auprès du grand public.

Elle met en avant une caractéristique secondaire dans le produit et qui peut varier fortement en fonction des conditions de marché.

L’absence de liquidité ou la liquidité réduite est l’une des caractéristiques inhérentes aux actifs non cotés. 

Mettre en avant la liquidité possible peut induire en erreur l’investisseur final dans sa prise de décision d’investir ou non. Il peut clairement surestimer la liquidité réellement disponible ou sous estimer ses besoins futurs en intégrant cette liquidité potentielle. 

La poche de liquidité prévue à cet effet est imparfaite. Dans un régime “normal” elle coûte de la performance, dans un scénario de stress elle est souvent insuffisante si un nombre important d’investisseurs souhaitent sortir.

Un investisseur devrait s’engager dans ce type de fonds avec le même horizon que pour un fonds fermé mais certainement pas pour la promesse du rendement potentiel d’un fonds fermé de private equity avec la liquidité d’un Etf.

Structure de frais et incitations problématiques

Frais de gestion : Les fonds evergreen appliquent des frais de gestion annuels généralement compris entre 1,5% et 2,5% sur l’actif net, auquel il convient d’ajouter ceux des sous jacents s’il investi lui même dans des fonds et non dans des participations en direct.

Carried interest : La commission de surperformance (carried interest) se déclenche souvent à partir d’un seuil de performance relativement bas (5% à 6% par an) comparé aux fonds traditionnels, pouvant ainsi réduire la performance nette de l’investisseur plus rapidement.

Frais d’entrée : Certains distributeurs appliquent des frais d’entrée pouvant atteindre 3% à 5%, bien que certaines plateformes proposent désormais l’accès à frais réduits.

Ces différents niveaux de frais doivent être pris en compte dans l’analyse de la performance attendue, d’autant que leur impact cumulé sur longue période peut être significatif et notamment s’ils sont détenus dans une enveloppe du type assurance vie qui a ses propres frais.

Risque de dilution de la performance

Capital constamment investi : Contrairement à un fonds fermé qui va concentrer ses investissements durant sa période d’investissement puis optimiser les sorties, le fonds evergreen investit en continu. Cela peut conduire à réaliser des investissements à des valorisations moins favorables dans certaines phases de marché ou à devoir investir un montant de collecte trop important.

Gestion de la poche de liquidité : Les 10% à 20% de liquidités nécessaires pour assurer les rachats peuvent constituer un frein à la performance globale, ces sommes n’étant pas investies dans les actifs à fort potentiel de rendement. La performance est mécaniquement diluée par la présence de cette poche de liquidités plus ou moins importante.

Lecture de la performance

Comparaison avec les fonds fermés : Il n’est pas pertinent pour un investisseur ou trompeur de la part d’un conseil de comparer le TRI potentiel du capital investissement en fonds fermé (> à 10%) avec le Taux de rendement d’un fonds Evergreen (> à 6%).

C’est une critique qui peut être faite de la formule du TRI. Mathématiquement, elle implique que chaque euro qui entre ou sort du fonds est capitalisé au taux du TRI lui-même.

  • Pour les distributions : Si un fonds affiche un TRI de 20% et vous rend 50 € en année 4, le calcul du TRI suppose que vous allez réussir à réinvestir ces 50 € immédiatement dans un autre projet rapportant lui aussi 20%. Dans la réalité, l’investisseur place souvent ce cash sur des supports monétaires ou attend un prochain appel de fonds, à des taux bien inférieurs.

  • Pour les liquidités en attente (Dry Powder) : Le TRI ne mesure que la performance de l’argent “au travail” (le capital appelé). Il ignore totalement le coût d’opportunité des liquidités que vous devez garder de côté pour répondre aux futurs appels de fonds.

Le TRI est juste mais il reflète la performance du GP (société de gestion) et il optimise les flux en ce sens. Il ne se place pas du côté du LP (investisseur) pour intégrer le cash en attente d’appel ou de réinvestissement.

Valorisation et gains non réalisés

Un autre élément de vigilance concerne la valorisation des actifs. Dans les fonds Evergreen, une partie significative de la performance affichée peut provenir de gains non réalisés, c’est-à-dire des réévaluations comptables des participations non encore cédées.

Cette pratique, bien que conforme aux normes comptables, peut donner une image trop optimiste de la performance réelle, surtout si les commissions de surperformance sont déclenchées sur ces gains non réalisés. L’investisseur ne touche réellement sa performance que lors de la cession effective des actifs.

La méthode de valorisation peut être discutée mais elle importe moins dans un fonds fermé. Tout le monde rentre et sort en
même temps. Dans un fonds Evergreen il peut y avoir un risque lorsque des investisseurs rentrent à une valorisation potentiellement erronée en raison des méthodes de valorisation.

Cela peut être le cas notamment pour les fonds qui intègrent des transactions secondaires dans leportefeuille spécifiquement pour atténuer la courbe en « J ».

Le fonds va acquérir une participation existante auprès d’un LP pour un prix de 80 d’un fonds dont la NAV communiquée par la
gestion était de 100. Lorsque la participation intégrera le portefeuille, il affichera une performance immédiate de 25% en
valorisant cette participation à 100 dans son portefeuille. Cette performance boostée à court terme peut pousser certains nouveaux investisseurs à rentrer dans le fonds alors qu’elle repose en grande partie sur une mécanique de valorisation. 

Manque de recul

De nombreux fonds evergreen ont été lancés entre 2020 et 2025. Leur historique de performance limité ne permet pas toujours d’apprécier leur comportement sur un cycle économique complet, notamment en période de forte volatilité ou de crise.

Il convient d’être prudent avec les performances affichées par les fonds les plus récents et de privilégier, lorsque c’est possible, des fonds ayant un track record d’au moins 3 à 5 ans.

Transparence variable

Tous les fonds evergreen n’offrent pas le même niveau de transparence sur la composition du portefeuille et sur les valorisations des participations non cotées.

L’investisseur doit s’assurer de bien comprendre la méthodologie de valorisation utilisée et la fréquence de mise à jour des valeurs liquidatives.

Des observateurs indépendants ont consacré une partie importante de ses travaux à dénoncer le manque de transparence dans l’industrie du private equity, comparant la situation actuelle à celle de l’industrie des fonds communs de placement au début du 20ème siècle avant les réformes qui ont imposé une standardisation de la communication.

L'effet de levier

Outre les risques habituels des actifs non cotés sous jacents que l’on ne rappellera pas dans cet article, il est important toutefois de souligner le rôle de l’effet de levier utilisé parfois au niveau du fonds.

Il peut y avoir recours pour gérer des décalages de trésorerie mais peut aussi l’utiliser pour améliorer sa performance en contre partie d’une augmentation du risque. Cela peut être le cas dans les véhicules qui investissent en dette privée. 

En raison de la prévisibilité des flux notamment les fonds de dette privée peuvent avoir recours à cette pratique. Pour 100 investis le fonds peut emprunter 50 en plus en partant du principe que le coût de la dette sera inférieur au rendement perçu. Le fonds investi ainsi 150 au total.

Dans cet exemple si les sous jacents baissent de 10% l’impact sur l’investissement sera de -15% (10% de 150 et non de 100).  

La question de la démocratisation

L’accessibilité accrue aux actifs privés via les fonds evergreen est souvent présentée comme une “démocratisation” de cette classe d’actifs.

Toutefois certains analystes  s’interrogent sur la réalité de cette démocratisation et expliquent que cette ouverture pourrait exposer les investisseurs particuliers à des frais élevés, des structures opaques et des indicateurs de performance trompeurs sans les protections adéquates.

La question posée est simple : s’agit-il vraiment de donner accès à de meilleures opportunités d’investissement aux épargnants, ou simplement d’élargir la base de collecte pour une industrie qui fait face à des défis de performance et de liquidité ?

La question est soulevée sur le risque que les investisseurs particuliers deviennent les nouveaux “fournisseurs de liquidité” du private equity, absorbant potentiellement des risques que les investisseurs institutionnels cherchent à transférer via le marché secondaire.

Pour quels investisseurs ?

Les fonds evergreen peuvent constituer une solution pertinente pour :

Les investisseurs souhaitant s’initier aux actifs privés avec un ticket accessible et une gestion simplifiée, sans avoir à maîtriser les mécanismes complexes des appels de fonds.

Les patrimoines cherchant une exposition stable en actifs non cotés sans avoir à gérer plusieurs millésimes de fonds fermés pour construire une diversification temporelle.

Les investisseurs privilégiant une certaine flexibilité même relative, la possibilité de sortie périodique étant un avantage comparé à l’illiquidité totale d’un fonds fermé.

En revanche, ils peuvent être moins adaptés pour :

Les investisseurs institutionnels ou très sophistiqués qui disposent des moyens et de l’expertise pour construire un programme d’investissement diversifié avec des fonds fermés traditionnels potentiellement plus performants.

Les investisseurs recherchant une liquidité importante à court ou moyen terme, les fonds evergreen restant des placements à horizon long terme malgré leurs fenêtres de rachat.

Éléments de vigilance avant d'investir

Les fonds evergreen représentent une innovation majeure dans l’accès aux actifs privés pour les investisseurs non institutionnels. Ils offrent une simplicité de gestion, une accessibilité renforcée et une certaine flexibilité appréciables.

Toutefois, ils ne constituent pas une solution miracle et présentent des contraintes spécifiques en matière de liquidité, de frais et potentiellement de performance comparée aux fonds fermés traditionnels.

Les critiques formulées par des observateurs indépendants rappellent l’importance d’une approche prudente et éclairée. La structure de frais perpétuels, les incitations à la collecte, la valorisation basée sur des gains non réalisés et le manque de transparence dans certains cas doivent être pris en compte dans l’analyse.

Comme pour tout investissement en actifs privés, une analyse approfondie de la stratégie, des frais, de l’historique du gérant et de la cohérence avec ses objectifs patrimoniaux reste indispensable. L’accompagnement par un professionnel peut s’avérer utile pour intégrer ces véhicules de façon pertinente dans une allocation globale.

L’éducation financière reste le meilleur outil de “démocratisation” : comprendre réellement ce dans quoi on investit, ses risques et ses coûts, plutôt que de se fier uniquement aux promesses marketing.

Avant de s’engager dans un fonds evergreen, il est recommandé de :

Analyser la stratégie du gérant : Comprendre comment le portefeuille est construit (primaire, secondaire, co-investissement), la politique de gestion de la liquidité et la diversification géographique et sectorielle.

Étudier la structure des frais : Comparer les frais de gestion, le hurdle rate (taux de rendement minimal avant déclenchement du carried), et le taux de carried interest avec d’autres fonds similaires. Évaluer l’impact cumulé de ces frais sur la performance nette à long terme.

Vérifier l’historique : Privilégier les fonds ayant au moins 3 à 5 ans d’existence pour disposer d’un recul suffisant sur la performance et la gestion. Distinguer la performance issue de gains réalisés de celle provenant de réévaluations comptables.

Comprendre les conditions de liquidité : Bien identifier la période de lock-up, les plafonds de rachat trimestriels, et les éventuelles pénalités de sortie anticipée. Ne pas surestimer la liquidité réelle du véhicule.

S’assurer de la cohérence avec son allocation globale : Le fonds evergreen doit s’intégrer dans une allocation patrimoniale diversifiée et correspondre à un horizon de placement long terme (minimum 5 à 7 ans). Dans le cas contraire ou en cas de doute il est préférable de ne pas investir dans ce type de véhicule.

Exiger de la transparence : Demander des informations détaillées sur la méthodologie de valorisation, la composition du portefeuille, et les conflits d’intérêts potentiels.

Article publié le 04/05/2026

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